Le 4 novembre 1792, les officiers municipaux de la commune se rendent au presbytère où sont déposés les registres des naissances, mariages et décès. La plupart semble se présenter sous forme de liasses ; le plus ancien remonte à 1567 et 1500. Après en avoir dressé l’inventaire, l’ensemble des registres est déposé « aux archives de la municipalité sur la surveillance du Conseil général de la commune de Grièges ».
Le 26 novembre 1792, se rendant à Pont-de-Veyle pour y déposer les registres paroissiaux [1], Joseph Gatheron maire est attaqué à "la planche (gué) des Roselai" par un groupe de femmes armées de bâton « qui m’ont sauté dessus, demandant que les registres restent dans l’endroit où ils sont faits, elles m’ont griffé au sang et ont emporté les registres ».
A la Révolution française, la municipalité ne possède pas de local pour se réunir, entreposer ses documents et recevoir les citoyens venant faire leur déclaration des contributions. Le 16 décembre 1792, le corps municipal décide alors de louer pour 2 ans une chambre au citoyen Étienne Clayette, capitaine de la garde nationale « […] pour y tenir toutes les assemblées de la municipalité et celles de l’officier public et pour y poser toutes les lois et autres papiers concernant la paroisse […] ». Cette chambre, située à l’étage « du côté du soir qui joint le portail de Bize » [2]. Le citoyen Clayette est alors « garant et responsable de tous les événements qui pourraient arriver sur les lois et autres titres concernant la paroisse qui seront déposés dans ladite chambre commune.
En avril 1791, la chapelle Saint Gengoult est mise aux enchères comme bien national. Afin de la sauver, la municipalité se propose de la racheter 1 400 livres afin d’y aménager la maison commune ; proposition acceptée par le Directoire départemental à charge pour la commune de répercuter le montant sur l’imposition locale. En l’an II (juin 1794), on ne trouve dans cette chapelle « qu’un meuble servant à tenir les registres et papiers de la municipalité et une table pour écrire lors des assemblées ». L’hiver les assemblées sont faites dans le presbytère.
La séance du 20 novembre 1840 relate un fait marquant pour l’histoire des archives de la commune suite à l’importante crue de la Saône qui « a désolé cette commune ». Faute de place, les documents communaux sont alors conservés chez le maire de l’époque. Le conseil municipal constate et certifie que « malgré le zèle le plus empressé que Monsieur Meunier Pierre, maire de ladite commune a apporté pour arracher à la fureur des eaux les archives de la commune sacrifiant à ce soin son propre mobilier qui a entièrement péri il n’a pu parvenir qu’à sauver les registres de l’état civil, ceux des délibérations du Conseil Municipal ainsi que le plan et les matrices cadastrales de la commune ; quant à toutes les autres pièces telles que les bulletins des lois, les vieux registres et autres qui du reste n’étaient pas d’une utilité indispensable, elles ont été perdues et anéanties ainsi que le meuble qui les contenait ; le tout ayant été englouti, entraîné ou détérioré par les eaux et les décombres du bâtiment de Monsieur le Maire ». Les membres du Conseil municipal déchargent alors le maire des archives restantes et qui « vraisemblablement porteraient une date antérieure au 2 novembre 1840 ». Cette délibération est par ailleurs reportée sur l’inventaire des archives de 1843.
Après l’inondation de 1840, la municipalité acquière un bâtiment situé au Vieux Bourg et appartenant à Jean Gatheron, boulanger à Lyon. Après quelques travaux, elle y installe la mairie dans une chambre commune qui faisait office de mairie et d’école des filles. En application de la circulaire préfectorale du 10 janvier 1843, le conseil municipal vote la somme de 25 francs pour « la mise en ordre » des archives communales « considérant que le travail commencé […] est un travail qui demande beaucoup de temps et de soins vu l’état de désordre et de détérioration où l’inondation de 1840 a laissé […]. Par conséquent, l’inventaire des archives et du mobilier est dressé le 9 novembre 1844. Dans ce dernier, il est fait mention de « quatre vieux livres manuscrits en mauvais état cotés n°1, 2, 3 et 4 ». Il s’agit de procédures entre les habitants de la commune et ceux de Mâcon ainsi que l’église de Grièges. Une note indique que « ces 4 notes ont été données par les archivistes de Lyon en 1843 » [3]. On trouve également les déclarations des dons patriotiques en 1790, document en mauvais état. L’inventaire recense alors 6 registres des délibérations du Conseil municipal et remontant à 1790 ainsi qu’un registre des arrêtés du maire débutant en 1838. Les registres paroissiaux et d’état civil, bien qu’en mauvais état, sont complets et on note un recensement de la population en 1793. Les archives sont conservées dans « une grande armoire […] avec six rayons et à deux portes dont une à deux battants qui ferment chacune d’une clef différente » [4]. Parmi les ajouts ultérieurs, on trouve « un viel armoire sous portes à coulisses qui servait à mettre l’atlas et les autres pièces cadastrales ».
Le 13 janvier 1847, a lieu le récolement réglementaire des archives entre l’ancien et le nouveau maire de la commune à l’aide de l’inventaire dressé en 1844. Série par série, sont annotés les manques et éventuelles observations.
En 1869, la municipalité acquière un terrain pour y bâtir une nouvelle mairie-école qui sera inaugurée en 1873. L’ancien bâtiment sera vendu à un aubergiste et restera « café-restaurant » jusqu’en 1980 puis démoli en 1981.
Une instruction préfectorale datée du 7 avril 1942 ordonne la recherche des arrêtés et circulaires dépourvus d’utilité et leur transmission en vue de la récupération du papier. Le 22 mai 1945, une seconde instruction préfectorale ordonne la « mobilisation des vieux papiers dans les administrations publiques ». Cette circulaire s’accompagne d’une liste des documents à conserver. Les archives pouvant être livrées sont notamment :
• tableaux de recensement de plus de 60 ans ;
• listes électorales postérieures à 1850 (échantillonnage 1 année sur 10) ;
• rôles d’imposition (échantillonnage 1 année sur 10) ;
• documents de la conscription postérieurs à 1818.
Si ces instructions ont été suivies, cela peut expliquer en partie les lacunes constatées.
En 1986, les archives auraient été sauvées d’un déménagement de l’ancienne mairie-école dans ses nouveaux locaux, à savoir une maison bourgeoise du XIXème siècle, située à côté de l’église.
Quelques années plus tard en 1989, le récolement réglementaire post-électoral des archives communales est réalisé par la commune. Il s’agit d’un questionnaire sur l’état des archives, envoyé par les Archives départementales. Les archives sont alors conservées dans une pièce dédiée à l’étage avec les plus récentes dans un placard sur des rayons et les plus anciennes entreposées dans des cartons. Il manquerait également le premier registre des délibérations car ces derniers semblent débuter en 1792 . Cette opération est renouvelée en 2014 lors des élections municipales.
En avril 2005, un contrôle des archives communales est réalisé par les Archives départementales dans le cadre de leur contrôle scientifique et technique. Le compte-rendu de visite fait alors mention d’un fonds « d’une grande richesse historique (archives du XVIème siècle, comptes de syndics, tibériade de 1736, registres paroissiaux de 1568). ». Il mentionne également le problème de résistance au sol du local archives de l’étage ; ce dernier étant arrivé lui-même à saturation.
En 2008, la commune établit un bordereau d’élimination pour éliminer les publications officielles (recueils des actes administratifs de la Préfecture et du Département) de 1889 à 1995. Une mention en marge du bordereau indique que la destruction physique des documents a eu lieu en 2010.
En 2011, préalablement aux travaux de restructuration des locaux de la mairie, le fonds communal a fait l’objet d’un récolement et d’éliminations réglementaires. A cette occasion, 56,87 ml d’archives ont été récolés. Lors de ces travaux, une salle dédiée aux archives est aménagée au rez-de-chaussée de la mairie.
La commune de Grièges est propriétaire d'un document exceptionnel : un atlas terrier du XVIIIe siècle (1736-1738), richement illustré. Très détérioré, il était devenu inexploitable pour les chercheurs. En 2020, il a fait l'objet d'une opération de restauration par l'atelier de Chloé Pédoussaud (Oyonnax) et de numérisation par l'atelier Art & Mémoire (Lyon). Il est disponible sur le site internet des Archives départementales de l’Ain.
En 2011, préalablement aux travaux de restructuration des locaux de la mairie, le fonds communal a fait l’objet d’un récolement et d’éliminations réglementaires. A cette occasion, 56,87 ml d’archives ont été récolés et 18,50 ml éliminés. Lors de ces travaux, une salle dédiée aux archives est aménagée au rez-de-chaussée de la mairie.
En 2021, la commune a de nouveau fait appel au service Archives du CDG 01 pour procéder au classement de l’ensemble du fonds communal. Cette intervention a permis le classement de 53,53 ml d’archives.
L’intervention du Centre de gestion a également permis la restitution aux Archives départementales de documents n’appartenant pas au fonds communal : 0,63 ml de listes d’émargement (1973-2002).
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